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Porte ouest du rempart de Gergovie en 2004

vendredi 4 septembre 2015

La situation archéologique de la Porte Ouest (anciennement fouillée pendant les années 30) pose des questions irrésolues.

Il s’agit d’une construction sûrement gallo-romaine, qui évidemment est connectée avec les structures d’un rempart plus ancien. Les vestiges de ce rempart semblent être comparables à ceux du rempart 2 au sud-est.

La documentation laissée par les anciennes fouilles se réduit à des commentaires minimaux et un plan général simplifié du secteur.

En 2004, les fouilles ont été limitées à un re-dégagement partiel des structures fouillées en 1937 à 38 et des relevés micro topographiques du secteur.


La porte et le bastion Ouest


L’enlèvement de la couche végétale a confirmé la supposition que, pendant les anciennes fouilles, le secteur de la porte a été complètement fouillé : en dessous des couches de déblais, la roche basaltique paraît dans presque tout le secteur.
Il ne restait plus que très peu de couche archéologique en place

Une deuxième surprise négative s’est manifestée pendant le nettoyage de murs.

Quasiment toutes les structures originales sont recouvertes par des réfections contemporaines en pierres basaltiques maçonnées en mortier ou ciment.

La hauteur originale des murs fut augmentée parfois jusqu’à trois assises de pierres.Sur plusieurs endroits, ces réfections se référent peu à la position des murs originaux.

La largeur du couloir fut agrandie de plus de 40 cm ou des angles des murs furent ’ optimisés ’ et rendus pointus. Il est à supposer que ces travaux furent effectués pendant les fouilles clandestines des années 80.

Les murs originaux sont tous maçonnés en pierre locale (basalte) et mortier blanc. Certaines parties sont renforcées (angles et lieux de liaison) par des pierres importées et taillées.

L’état de conservation varie d’une seule à quatre assises de pierres.

Les bases des murs reposent partout directement sur la roche basaltique.

A l’intérieur de la pièce ’ B ’ le rocher est complètement plat et horizontal. Il est vraisemblable qu’il fut taillé par les constructeurs et utilisé comme sol naturel. Dans l’angle des murs, le creusement d’un possible trou de poteau pouvait être observé. Ce creusement présente un diamètre de 35 cm et il était rempli par une couche de terre dure, qui peut correspondre à un remplissage en place.

Quatre tessons de céramique ont été découverts dans ce remplissage : ils présentent un terminus post quem de 125 av. J.-C

Le couloir de la porte (secteur 2) ne fut pas complètement dégagé pendant les fouilles des années 30.
D’un côté cela est démontré par la préservation d’une couche au dessus du rocher, qui a livré un nombre des tessons protohistoriques et des silex.

Les traces de deux fosses ont été découvertes dans le couloir en 2004.

L’une des fosses est située bien au bord du mur latéral du bastion Est. Certes son remplissage contenait des inclusions de mortier et un fragment de tegula, mais le mur est très clairement construit par-dessus la fosse et est donc postérieur.

Le mobilier, par contre, peut être lié à la construction de ce mur. La fosse a un diamètre de 1,00 m environ et une profondeur de 35 cm.

La trace de la deuxième fosse est largement érodée.
Elle est située plus vers le nord dans un alignement avec les autres fosses. Son diamètre est de 0,95 m, sa profondeur préservée de 25 cm.

Ces structures sont à des distances régulières de 3,5 m les unes des autres.
Par leur régularité, ces fosses semblent être liées à une construction antérieure à la porte gallo-romaine. Il est possible que nous ayons découvert ici les vestiges, (des grands trous de poteau ) d’une porte précédente

L’ouverture du secteur 10 avait pour objectif le contrôle d’un petit talus au sud du bastion ouest. Ce secteur n’a pas été touché par les anciennes fouilles, donc on pouvait espérer y rencontrer des vestiges vierges.

L’enlèvement de la couche végétale a livré un grand état de pierres basaltiques en position meuble et éboulée.
Il est frappant qu’à ses extrémités nord et sud, la taille des pierres change en blocs de grand format (jusqu’au 60 cm), la partie intérieure par contre se compose de pierres plutôt petites de 20 à 25 cm.

On peut supposer qu’il s’agit là des parements (grands blocs) et du fourrage (petites pierres) d’un reliquat du rempart à pierres sèches qui fut démonté ou démoli à l’époque de la construction de la porte gallo-romaine.

En effet, la suite du rempart, tel qu’il est préservé dans le sondage 2, projetée vers l’Est correspond parfaitement à l’emplacement du petit talus.


La jonction entre la porte et le rempart à pierre sèche


Le mur longitudinal du rempart est relativement mal préservé.

Suite aux fouilles et travaux précédents, après lesquels le secteur fut laissé ouvert, son parement interne s’est éboulé ou est en train de s’ébouler.

La jonction avec le mur de la porte montre que le parement externe fut complètement démonté et le fourrage du mur longitudinal fut en partie enlevé.

Le mur fut construit directement le long de cette interface de démontage de façon que son parement interne s’appuie contre le reste du mur longitudinal sur une longueur de 8 m
Le mur longitudinal présente des traces de réfection ancienne, qui sont très vraisemblablement liées à la construction de la porte gallo-romaine. D’un côté, il aurait été nécessaire de reconstruire en partie le fourrage du mur longitudinal et de remplir l’espace vers le parement interne du mur.

En plus, il y a des réfections claires du parement interne du mur longitudinal.
Un deuxième parement se trouve déplacé vers l’intérieur, sur le haut du mur longitudinal.
Ce parement consiste en blocs de calcaire de plus grand format (jusqu’à 70 cm) que le parement original.
Son tracé ne correspond pas exactement à celui du premier parement. En fait, il est légèrement arrondi en forme convexe et appliqué vers l’intérieur du mur.

Nouvel état des connaissances

Dans le secteur de la porte, la fouille a livré des vestiges qui peuvent indiquer l’existence d’une construction précédente à la porte gallo-romaine.

A l’origine, le rempart en pierre sèche semble avoir continué à l’emplacement de la porte et un alignement des possibles creusements de poteaux verticaux pourrait correspondre à une telle construction.

Tous ces aménagements ne sont pas datables pour l’instant et restent difficiles à interpréter.
L’étude du mobilier laténien et gallo-romain du secteur de la Porte Ouest (cf. Yann Deberge et alii.) démontre la provenance de la grande majorité des trouvailles dans la deuxième moitié du 1er siècle av. J.-C. Il est un peu surprenant de constater que les mobiliers du 1er siècle ap. J.-C. et postérieur sont quasiment inexistants.

Une fouille sur une grande surface pourra donner les informations nécessaires afin de pouvoir répondre à ces questions.


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